Pour prendre du muscle, la plupart des pratiquants progressent bien avec 10 à 20 séries difficiles par muscle et par semaine, de 6 à 15 répétitions environ, arrêtées 1 à 3 répétitions avant l’échec, et réparties sur au moins deux séances. Un débutant progresse avec moins, autour de 6 à 10 séries. Plus de volume continue de payer, mais chaque série supplémentaire rapporte un peu moins que la précédente : le bon chiffre, c’est le plus haut dont tu récupères tout en continuant à progresser.
Combien de séries par muscle et par semaine ?
Le volume, c’est-à-dire le nombre de séries difficiles par muscle et par semaine, est la variable la plus clairement liée à l’hypertrophie.
- La première méta-analyse dose-réponse (15 études) montre que chaque série hebdomadaire supplémentaire est associée à un peu plus de croissance, environ 0,37 % par série. Les programmes à 10 séries ou plus par muscle et par semaine avaient tendance à faire mieux que les volumes plus faibles (Schoenfeld et al., 2017).
- Une revue centrée sur des hommes entraînés a classé les études en volume faible (moins de 12 séries), modéré (12 à 20) et élevé (plus de 20). Volume modéré et élevé ont donné une croissance similaire des quadriceps et des biceps, alors que le volume élevé l’emportait pour les triceps. Les auteurs proposent 12 à 20 séries par semaine comme recommandation de base pour les pratiquants entraînés (Baz-Valle et al., 2022).
- L’analyse la plus large à ce jour, 67 études et plus de 2 000 participants, confirme que la prise de muscle augmente avec le volume, mais avec des rendements décroissants. Pour la force, la courbe s’aplatit beaucoup plus tôt (Pelland et al., 2025).
La prise de position 2026 de l’ACSM, qui synthétise 137 revues systématiques, le résume ainsi : l’hypertrophie est favorisée par des volumes plus élevés, 10 séries ou plus par semaine (Currier et al., 2026).
Fourchettes pratiques selon ton niveau
La recherche donne une courbe dose-réponse, pas un chiffre magique pour chacun. Ces fourchettes sont un point de départ raisonnable, à ajuster selon ta réponse réelle.
| Ton niveau | Séries difficiles par muscle et par semaine | À retenir |
|---|---|---|
| Débutant (moins d’1 an) | 6–10 | Presque tout fonctionne. Concentre-toi sur la technique et la progression des charges. |
| Intermédiaire (1 à 3 ans) | 10–16 | La zone idéale pour la plupart. Ajoute des séries quand tu stagnes. |
| Avancé (3 ans et plus) | 12–20+ | Monte 1 ou 2 muscles prioritaires plus haut quelques semaines, garde le reste en entretien. |
Attention : la plupart des études durent 8 à 12 semaines, sur de jeunes adultes. Et le volume ne compte que si les séries sont vraiment dures.
Qu’est-ce qu’une « série difficile » ?
Une série compte dans ton volume hebdomadaire quand elle se termine près de l’échec (tout est détaillé dans notre article pour savoir s’il faut aller à l’échec en musculation), à environ 4 répétitions ou moins du moment où tu ne pourrais plus faire une répétition propre. Les séries d’échauffement ne comptent pas. Une série de 10 que tu aurais pu pousser à 20 non plus : c’est de l’entraînement technique, pas un signal de croissance.
C’est pour ça que le « nombre de séries par semaine » ne marche que si ton effort est régulier. Douze séries arrêtées à 6 répétitions de l’échec peuvent stimuler moins que huit séries arrêtées à 1 ou 2 répétitions.
Comment compter les séries indirectes (séries fractionnées)
Les polyarticulaires travaillent plusieurs muscles à la fois. Le développé couché sollicite d’abord les pectoraux, mais les triceps et l’avant des épaules bossent aussi vraiment. Faut-il compter ces séries pour les triceps ?
Les méta-régressions de 2025 ont testé trois façons de compter : les séries indirectes comptent en entier (1), à moitié (0,5) ou pas du tout (0). La méthode « fractionnée », qui compte les séries indirectes pour moitié, prédit le mieux les résultats (Pelland et al., 2025). Concrètement :
- 4 séries de développé couché = 4 séries pour les pecs, 2 pour les triceps, 2 pour l’avant des épaules.
- 3 séries de tractions = 3 séries pour les dorsaux, 1,5 pour les biceps, 1,5 pour le haut du dos.
- 3 séries de squat = 3 séries pour les quadriceps, 1,5 pour les fessiers.
Développé couché à la barreAllonge-toi sur le banc, les yeux sous la barre et les pieds bien ancrés au sol. Saisis la barre un peu plus large que les épaules et serre les omoplates vers l'arrière et vers le bas.Comment faire : Développé couché à la barre →
Voici à quoi ressemble une semaine de volume pour les triceps avec ce calcul :
| Exercice | Séries par semaine | Compte pour les triceps |
|---|---|---|
| Développé couché à la barre | 6 | 3 |
| Développé militaire à la barre | 3 | 1,5 |
| Extension triceps à la poulie haute | 3 | 3 |
| Extension triceps au-dessus de la tête à la poulie | 3 | 3 |
| Total | 10,5 |
Sans compter les développés, tu croirais en être à 6 séries et tu ajouterais du travail triceps inutile. En les comptant en entier, tu croirais en être à 15 et tu t’arrêterais peut-être trop tôt. La carte musculaire de Brick suit la même logique : elle affiche tes séries de la semaine par muscle, en comptant les muscles secondaires pour une demi-série, pour voir d’un coup d’œil quels muscles sont à la traîne.
Combien de répétitions pour prendre du muscle ?
La plage de répétitions compte moins qu’on le croit. Quand les séries sont menées près de l’échec, le muscle grossit à peu près autant avec des charges légères, moyennes ou lourdes. Une méta-analyse en réseau de 28 études n’a trouvé aucune différence d’hypertrophie entre les charges, mais des gains de force nettement meilleurs avec les charges lourdes (Lopez et al., 2021). Une revue sur le « continuum des répétitions » arrive à la même conclusion : l’hypertrophie se produit sur une large gamme de charges, alors que la force maximale demande du lourd (Schoenfeld et al., 2021).
| Objectif | Répétitions par série | Charge | Quand l’utiliser |
|---|---|---|---|
| Force maximale | 1–6 | Lourde, environ 80 % du 1RM ou plus | Premier exercice de la séance : squat, développé couché, soulevé de terre, développé militaire |
| Hypertrophie, zone principale | 6–15 | Moyenne | L’essentiel de ton travail, en polyarticulaire comme en isolation |
| Hypertrophie, séries longues | 15–30 | Légère | Isolation, machines, options plus douces pour les articulations |
Pourquoi ne pas tout faire en séries de 30 ? Parce qu’avec la brûlure, on s’arrête facilement loin de l’échec. Et des séries très lourdes de 3 à 5 répétitions chargent les articulations pour peu de répétitions. 6 à 15 répétitions, c’est tout simplement la zone la plus efficace sur la plupart des exercices. Vise le bas de la fourchette sur les gros polyarticulaires comme le squat, le haut sur des exercices comme les élévations latérales avec haltères.
Si la force compte pour toi, garde quelques séries de 3 à 6 répétitions sur tes mouvements principaux. Selon l’ACSM, la force progresse le plus avec des charges d’au moins 80 % de ton max, travaillées au moins deux fois par semaine (Currier et al., 2026).
À quelle distance de l’échec s’arrêter ? (RIR)
Le RIR (reps in reserve, répétitions en réserve), c’est le nombre de répétitions propres que tu aurais encore pu faire au moment où tu poses la barre. 0 RIR, c’est l’échec ; 2 RIR, il t’en restait deux. Des chercheurs ont construit une échelle d’effort autour de cette idée, parce qu’elle est plus concrète que « c’était dur à quel point ? » (Zourdos et al., 2016).
Ce que montre la recherche :
- L’échec n’est pas obligatoire. Une méta-analyse de 15 études n’a trouvé aucune preuve qu’aller à l’échec musculaire fasse plus grossir que s’arrêter avant (Refalo et al., 2023). La revue de l’ACSM confirme que l’entraînement à l’échec ne change pas les résultats de façon constante (Currier et al., 2026).
- Mais plus près, c’est mieux, jusqu’à un certain point. Des méta-régressions montrent que l’hypertrophie augmente quand les séries se terminent plus près de l’échec, alors que les gains de force restent similaires sur une large plage de RIR. Les auteurs précisent que les RIR ont été estimés, donc la courbe exacte reste incertaine (Robinson et al., 2024).
La règle pratique : vise 1 à 3 RIR sur la plupart de tes séries. Va à 0 RIR sur la dernière série des exercices d’isolation sans risque, comme les curls, les élévations latérales ou les machines. Reste à 2-3 RIR sur les squats, soulevés de terre et développés lourds à la barre : c’est en arrachant des répétitions avec une technique dégradée qu’on se blesse.
Comment répartir ton volume sur la semaine
Une fois ta cible hebdomadaire fixée, répartis-la. À volume égal, entraîner un muscle plus souvent n’apporte pas de croissance notable en soi (Schoenfeld et al., 2019), et les méta-régressions de 2025 trouvent un effet net de la fréquence sur la force, mais négligeable sur la masse (Pelland et al., 2025). La fréquence est un outil pour rendre le volume gérable, pas un objectif.
Car les dernières séries d’un muscle dans une séance se font fatigué, avec moins de répétitions. Voici 16 séries hebdomadaires pour les pecs selon la fréquence :
| Fréquence | Séries par séance | En pratique |
|---|---|---|
| 1 fois par semaine | 16 | Les 6 à 8 dernières séries sont de mauvaise qualité. Dur à tenir. |
| 2 fois par semaine | 8 + 8 | Deux exercices de 4 séries. Ça marche bien. |
| 3 fois par semaine | 5 + 5 + 6 | Séances légères, beaucoup de pratique sur chaque mouvement. |
En règle de travail, 6 à 10 séries difficiles pour un même muscle dans une séance, c’est largement suffisant. Au-delà, ajoute une séance plutôt que des séries. C’est pour ça que deux séances par muscle et par semaine, en split half body ou full body, sont la base pour la plupart des gens.
Les signes que tu en fais trop, ou pas assez
Sommeil, stress, alimentation et âge changent ce dont tu peux récupérer. La recherche donne une fourchette ; ton carnet te dit où tu te situes dedans.
Signes que tu pourrais en faire plus :
- Tes charges et tes répétitions n’ont pas bougé depuis 3 à 4 semaines, alors que tu arrives frais à chaque séance.
- Un muscle n’est jamais courbaturé ni fatigué, même après un nouvel exercice.
- Tu es en bas de la fourchette (moins de 10 séries) pour un muscle que tu veux développer.
Signes que tu en fais trop :
- Tes performances baissent d’une séance à l’autre sur les mêmes exercices.
- Un muscle est encore courbaturé quand tu le retravailles.
- Les articulations tirent, le sommeil se dégrade, l’envie de t’entraîner baisse.
- Tes dernières séries deviennent bâclées parce que tu cherches juste à les finir.
Comment ajuster : par petites touches. Si tu stagnes et que tu récupères bien, ajoute 1 ou 2 séries par semaine pour ce muscle et observe pendant 2 à 3 semaines. Si tu montres des signes d’excès, réduis les séries de ce muscle d’environ un tiers pendant une semaine, puis remonte progressivement à partir d’un niveau plus bas. Les séries ne sont qu’un levier de la surcharge progressive : les répétitions et la charge comptent aussi.
C’est exactement la boucle que fait pour toi le bilan hebdomadaire de Brick Coach. Il compare tes performances sur les exercices de chaque muscle avec les semaines précédentes, tient compte d’un petit check-in facultatif sur tes courbatures, et propose d’ajouter ou de retirer des séries, muscle par muscle. Tu acceptes ou non les changements, et le bouton « Pourquoi ? » montre l’étude derrière chacun.
Élévations latérales avec haltèresTiens-toi debout, un haltère dans chaque main le long du corps, coudes légèrement fléchis. Monte les haltères sur les côtés jusqu'à hauteur des épaules en menant avec les coudes.Comment faire : Élévations latérales avec haltères →
Un plan simple pour appliquer tout ça
- Choisis une cible par muscle : 10 séries si tu hésites.
- Compte les séries indirectes pour moitié.
- Travaille surtout entre 6 et 15 répétitions, avec quelques séries lourdes si la force t’intéresse.
- Arrête-toi 1 à 3 répétitions avant l’échec.
- Répartis chaque muscle sur deux séances ou plus, 6 à 10 séries difficiles maximum par séance.
- Fais le point toutes les quelques semaines et ajuste de 1 ou 2 séries par muscle.
Le bon volume, ce n’est pas celui de la dernière étude à la mode. C’est celui avec lequel tes chiffres continuent de monter.
Questions fréquentes
10 séries par muscle par semaine, c'est suffisant ?
Oui, pour la plupart des pratiquants c'est une bonne base. La prise de position 2026 de l'ACSM retient 10 séries ou plus par semaine comme le volume qui favorise l'hypertrophie. Si tu t'entraînes depuis quelques années et que tu stagnes à 10, ajouter quelques séries est une suite logique.
Plus de 20 séries par muscle et par semaine, ça sert à quelque chose ?
Ça peut encore servir, mais chaque série rapporte de moins en moins. Une méta-régression de 2025 montre que la prise de muscle continue d'augmenter avec le volume, avec des rendements décroissants. Au-delà de 20 séries, la fatigue coûte souvent plus qu'elle ne rapporte : réserve ça à un ou deux muscles prioritaires, quelques semaines.
Les séries d'échauffement comptent-elles dans le volume ?
Non. Ne compte que les séries de travail qui se terminent à environ 4 répétitions de l'échec ou moins. Les séries d'échauffement préparent tes articulations et le geste, mais elles sont trop faciles pour faire grossir le muscle.
Faut-il aller à l'échec sur chaque série ?
Non. L'hypertrophie progresse quand les séries se terminent plus près de l'échec, mais aller jusqu'à l'échec n'est pas clairement mieux que s'arrêter 1 à 3 répétitions avant. Garde la plupart de tes séries à 1-3 RIR et réserve l'échec à la dernière série d'exercices sans risque, comme les curls ou les élévations latérales.
Combien de séries pour gagner en force ?
Pour la force, quelques séries lourdes par mouvement suffisent largement : les gains de force plafonnent à des volumes bien plus bas que la prise de muscle. L'essentiel est de soulever lourd (environ 80 % de ton max ou plus) et de pratiquer le mouvement au moins deux fois par semaine.
Sources
- Schoenfeld BJ, Ogborn D, Krieger JW (2017). Dose-response relationship between weekly resistance training volume and increases in muscle mass: A systematic review and meta-analysis. Journal of Sports Sciences
- Pelland JC, Remmert JF, Robinson ZP, Hinson SR, Zourdos MC (2025). The Resistance Training Dose Response: Meta-Regressions Exploring the Effects of Weekly Volume and Frequency on Muscle Hypertrophy and Strength Gains. Sports Medicine
- Baz-Valle E, Balsalobre-Fernández C, Alix-Fages C, Santos-Concejero J (2022). A Systematic Review of the Effects of Different Resistance Training Volumes on Muscle Hypertrophy. Journal of Human Kinetics
- Currier BS, D'Souza AC, Fiatarone Singh MA, et al. (2026). American College of Sports Medicine Position Stand. Resistance Training Prescription for Muscle Function, Hypertrophy, and Physical Performance in Healthy Adults: An Overview of Reviews. Medicine & Science in Sports & Exercise
- Lopez P, Radaelli R, Taaffe DR, et al. (2021). Resistance Training Load Effects on Muscle Hypertrophy and Strength Gain: Systematic Review and Network Meta-analysis. Medicine & Science in Sports & Exercise
- Schoenfeld BJ, Grgic J, Van Every DW, Plotkin DL (2021). Loading Recommendations for Muscle Strength, Hypertrophy, and Local Endurance: A Re-Examination of the Repetition Continuum. Sports
- Zourdos MC, Klemp A, Dolan C, et al. (2016). Novel Resistance Training-Specific Rating of Perceived Exertion Scale Measuring Repetitions in Reserve. Journal of Strength and Conditioning Research
- Refalo MC, Helms ER, Trexler ET, Hamilton DL, Fyfe JJ (2023). Influence of Resistance Training Proximity-to-Failure on Skeletal Muscle Hypertrophy: A Systematic Review with Meta-analysis. Sports Medicine
- Robinson ZP, Pelland JC, Remmert JF, Refalo MC, Jukic I, Steele J, Zourdos MC (2024). Exploring the Dose-Response Relationship Between Estimated Resistance Training Proximity to Failure, Strength Gain, and Muscle Hypertrophy: A Series of Meta-Regressions. Sports Medicine
- Schoenfeld BJ, Grgic J, Krieger J (2019). How many times per week should a muscle be trained to maximize muscle hypertrophy? A systematic review and meta-analysis of studies examining the effects of resistance training frequency. Journal of Sports Sciences



